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L'ANSSI cessera de certifier les produits non résistants au quantique en 2027. Voici ce que cela implique.

26 juin 2026
6 min de lecture
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Publié le

26 juin 2026

Le 16 juin 2026, lors de la conférence France Quantum à Paris, Samih Souissi, chef de cabinet de l'ANSSI, a déclaré que l'agence cesserait dès 2027 de certifier les produits de sécurité dépourvus de cryptographie post-quantique, et que les entreprises ne devraient plus acheter que des produits résistants au quantique d'ici 2030.

Pour les fournisseurs et les acheteurs du marché français, cela transforme une recommandation en condition d'accès. Voici ce qui a changé, et comment y répondre.

Pourquoi il s'agit d'un verrou pour les marchés publics, et non d'une simple ligne directrice

La certification de l'ANSSI, appelée qualification dans le vocabulaire réglementaire français, est exigée pour les produits de sécurité utilisés par les administrations et les opérateurs d'importance vitale. Pas de qualification, pas d'accès à l'un des plus grands marchés technologiques du secteur public en Europe.

En liant cette qualification à la cryptographie post-quantique, l'ANSSI fait de la résistance quantique un critère d'éligibilité éliminatoire. Souissi a été explicite sur les enjeux : "Ce n'est pas seulement une question technique. C'est une question de gouvernance, de planification industrielle, de réglementation et de souveraineté."

Le moteur de tout cela, c'est le principe du "récolter maintenant, déchiffrer plus tard" : des attaquants stockent aujourd'hui des données chiffrées pour les casser dès qu'un ordinateur quantique le permettra. Les données sensibles à longue durée de vie sont exposées les premières, ce qui explique pourquoi les agences estiment que la migration doit commencer avant même que la machine n'existe.

Le calendrier est plus serré qu'il n'y paraît

2027 : les nouvelles qualifications exigent une composante post-quantique 2030 : les acheteurs publics ne devraient plus acquérir que des produits résistants au quantique

Deux dates, mais le temps réellement disponible est plus court que ce que chacune laisse supposer.

Une qualification ANSSI prend généralement de 12 à 18 mois. Un produit entrant dans le processus à la mi-2026 dispose déjà d'un calendrier serré pour franchir l'échéance de 2027. Les certifications existantes restent valides jusqu'à leur expiration, mais leur renouvellement dépend désormais de la conformité post-quantique. Et l'horizon d'achat de 2030 signifie que tout contrat signé avant cette date devrait privilégier les produits résistants au quantique, sous peine de payer pour des systèmes qui sortiront du périmètre qualifié avant la fin de leur durée de service.

Ce n'est pas une politique d'avenir. Les premiers certificats Critères Communs post-quantiques en France ont été délivrés à Thales et Samsung fin 2025. Le processus est ouvert et avance.

Ce que l'ANSSI exige réellement : l'hybride, pas le remplacement

Une erreur d'interprétation courante consiste à croire que les produits doivent remplacer les algorithmes classiques par des algorithmes post-quantiques. Ce n'est pas l'exigence.

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L'ANSSI exige des mécanismes hybrides : un algorithme classique éprouvé et un algorithme post-quantique combinés, aussi bien pour l'établissement de clés que pour les signatures. La logique est solide. Les schémas post-quantiques sont plus récents et moins éprouvés ; la couche classique reste donc le témoin de décennies de cryptanalyse, tandis que la couche post-quantique protège contre les futures capacités quantiques. Un produit livrant ML-DSA seul, sans conserver de signature classique, ne satisfait pas au critère.

Pour les fournisseurs, cela implique de revoir l'architecture du produit, les bibliothèques cryptographiques et la gestion des clés, plutôt que d'actionner un simple interrupteur.

La France est offensive, mais pas isolée

Il s'agit sans doute de la position la plus ferme d'Europe à ce jour sur l'adoption du post-quantique. Elle n'est pas isolée.

Le CNSA 2.0 de la NSA américaine fait du support post-quantique une exigence d'achat pour les nouveaux systèmes de sécurité nationale à partir du 1er janvier 2027, la même année. Deux des régimes de certification les plus exigeants au monde ont abouti à la même échéance, par des mécanismes différents, avec le même effet : les fournisseurs incapables de démontrer une capacité post-quantique d'ici 2027 commencent à perdre l'accès aux marchés publics des deux côtés de l'Atlantique. La France s'aligne sur les standards du NIST (ML-KEM, ML-DSA, SLH-DSA) plutôt que d'inventer les siens, ce qui maintient les fournisseurs multinationaux sur une trajectoire unique.

Le marché réagit déjà. Le directeur de l'innovation de Capgemini a déclaré à Reuters que la demande des banques et des services publics "devient importante… très substantielle". Le responsable quantique d'OVHcloud a résumé sans détour le double fardeau : auditer les produits et sécuriser les données détenues, tout en s'alignant à la fois sur l'ANSSI, l'UE et le NIST.

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La première étape est celle que la plupart des organisations sautent

L'ANSSI place l'inventaire cryptographique et la crypto-agilité au tout début de la transition, et en fait une responsabilité de gouvernance plutôt qu'une préoccupation d'ingénierie secondaire.

La raison est pratique. La cryptographie n'est pas concentrée en un seul endroit. Elle est disséminée dans les bibliothèques, les micrologiciels, les systèmes d'identité, la PKI, TLS, les VPN, les workflows de signature et les équipements à longue durée de vie déployés sur le terrain. On ne peut ni migrer, ni prioriser, ni prouver la conformité de ce que l'on ne voit pas. Le plus difficile, pour tenir les échéances de 2027 et 2030, n'est presque jamais de choisir un algorithme. C'est de savoir où réside la cryptographie et de pouvoir la modifier sans tout reconstruire autour.

Deux actions en découlent :

  • Inventoriez vos actifs cryptographiques et mesurez l'exposition, en particulier pour les équipements à longue durée de vie dont la cryptographie doit tenir au-delà de 2030.
  • Développez la crypto-agilité pour qu'un algorithme puisse être remplacé sans ré-architecturer le produit ni le parc. L'ANSSI en fait le facteur qui déterminera la difficulté de la mise en conformité.

Où Evertrust intervient

C'est précisément le travail pour lequel Evertrust CLM est conçu, avec un atout supplémentaire : la plateforme détient déjà la certification ANSSI CSPN.

Evertrust CLM découvre les certificats à travers tout un parc, y compris ceux qu'aucun scan réseau n'atteint, c'est-à-dire la visibilité que l'ANSSI demande aux organisations d'établir en premier. Il émet déjà les algorithmes au cœur de ce changement, ayant ajouté le support de ML-DSA et SLH-DSA en 2025, et il émet des certificats hybrides portant ensemble une signature classique et une signature post-quantique, la composition exacte qu'exige l'ANSSI. Son moteur de notation évalue chaque certificat au regard d'une politique fondée sur les règles de l'ANSSI, du NIST et du CA/Browser Forum, et signale ce qui n'est pas conforme. Son automatisation renouvelle et réinstalle les certificats sans le travail manuel et interruptif qui rend pénible un changement cryptographique profond.

En tant que plateforme française et européenne, avec hébergement des données dans l'UE et certification ANSSI CSPN, Evertrust CLM maintient également le parc cryptographique sous contrôle européen pendant toute la transition, ce qui fait partie du message que porte l'ANSSI.

À retenir

L'ANSSI a transformé un plan pluriannuel en un signal de marché que les fournisseurs ne peuvent plus considérer comme un simple conseil. La qualification dépend désormais de la cryptographie post-quantique hybride, le temps restant avant 2027 est déjà court compte tenu de la durée d'une certification, et 2030 fixe la ligne d'achat pour les acheteurs.

Que votre organisation aborde cette échéance comme une mise à niveau maîtrisée ou comme une course contre la montre se décide en grande partie maintenant, selon que votre parc cryptographique est inventorié, agile et automatisé. Ce travail commence avant l'échéance, et avant même le premier ordinateur quantique qui rendra tout cela urgent.

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